Les grottes sacrées des Hautes Terres de L’Ouest Cameroun
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Le projet détaillé

L’expédition

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Mont neyang à Fomopea

Une première expédition d’exploration a été menée du 10 mai au 16 juin 2009. Le but a été d’inventorier les phénomènes pseudo karstiques, les cavités, les abris sous roches que l’on peut trouver dans les différents départements de l’Ouest, afin de prendre la mesure du sujet.

Pour chaque phénomène reconnu, la topographie du site a été effectuée, la description générale détaillée, des prélèvements d’échantillons, des photographies.

Géographie

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Bordure des Monts Bamboutos

L’Ouest Cameroun est constitué de hauts plateaux situés entre 1000 et 2000m d’altitude, avec un point culminant à 2740m au sommet du complexe volcanique des Monts Bamboutos. C’est le territoire des Bamilékés, peuple connu pour son dynamisme et sa culture qui s’exprime au travers de 106 chefferies traditionnelles ayant chacune ses coutumes, ses danses, son architecture, ses sociétés secrètes, son roi.

C’est une région volcanique a priori peu propice au développement de grottes et les spéléologues se sont peu penchés sur le sujet. Cependant, de nombreuses traditions font intervenir des grottes, et des observations personnelles confirment leur présence à l’Ouest Cameroun.
Ces grottes n’avaient jamais été étudiées à ce jour et l’inventaire spéléologique du Cameroun n’en fait pas mention. L’expédition qui a été menée en 2009 est donc pionnière.

Ethnologie

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Couvre-chef traditionnel en escargots géants
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Danses traditionnelles de Foto

Une attention particulière a été portée au recueil d’informations auprès de la population sur la place qu’occupe la grotte dans la tradition, les coutumes, et l’imaginaire. En effet, dans la cosmogonie Bamiléké, les grottes font partie des anomalies géographiques (cascades, sources, lacs de cratère, roches singulières…) et sont presque toujours associées à des manifestations divines. Il existe autour de chaque grotte un rite agricole, pour remercier le dieu de la grotte qui transforme la poussière qu’on y trouve en engrais pour les cultures.
D’autre part, la terre est traditionnellement associée aux ancêtres, qui occupent une place très importante dans la société Bamiléké.

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Société secrète Koungang
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Entrée de la chefferie Foto

Les lieux sacrés sont très nombreux à l’Ouest. Certains sont régis par des règles et ne sont accessibles qu’à certaines personnes (sorciers, sociétés secrètes,…) qu’à certaines occasions (cérémonies de jumeaux, jugements…). La plupart sont libres d’accès en dehors de certains jours « particuliers ». Nous veillons bien entendus à respecter ces croyances, et nous sommes toujours accompagnés de personnes locales lors de nos visites.

Archéologie

D’un point de vue archéologique, ces grottes sont aussi d’un intérêt particulier. Les Hautes Terres de l’Ouest sont occupées de manière continue depuis des millénaires. Les mégalithes de l’Ouest, l’art rupestre et des grottes du Sud-Ouest ont été récemment étudiés (R. Oslisly). Des sondages effectués dans les porches de grottes (Shum Laka) près de Bamenda ont fourni des données originales majeures, et une étude systématique de ces grottes serait utile (P. de Maret, B. Clist, J. Mercader et R. Marti).

Biologie

Les grottes africaines sont susceptibles de contenir une faune souterraine abondante, souvent méconnue par manque d’étude. Ainsi, suite aux découvertes de l’expédition spéléologique Gabon 2007 menée par l’EEGC à laquelle j’ai participé, le Centre International de Recherche Médicale de Franceville (Gabon) souhaite effectuer une étude sur les chauves-souris, porteuses saines des certaines fièvres hémorragiques transmissibles à l’homme.
L’objectif de ce programme est aussi de transmettre ce type de données aux laboratoires compétents.

Participants à l’expédition

Au cours de cette expédition, j’ai été accompagné de Camerounais, véritables personnes-ressource impliqués dans le vie culturelle locale.

Ce sont pour la plupart des personnes avec qui j’avais déjà longuement travaillé, et qui ont par ailleurs une activité en lien avec le projet (universitaires, conservateurs de musée, chefs de famille...)

Citons notamment Bernard Zeutibeu, directeur de l’Office de Tourisme de Dschang, qui fait un remarquable travail de promotion du patrimoine de Dschang et sa région, et qui m’a accompagné sur les sites de Fongo Tongo.

Il y a aussi eu Piko Assongni, figure incontournable à Dschang, qui s’intéresse aux grottes à titre privé.

J’ai aussi emmené avec moi des universitaires qui s’occupaient de l’inventaire patrimoniale des chefferies pour le futur Musée des Civilisations à Dschang.

1 Message

  • Le projet détaillé 6 mai 2009 15:38, par Tasile Yasin

    Un projet très encouragé... et merite des études très approfondues sur les animaux qui habitent dans cet grottes... ; aussi les espèces des plantes dans ces sites.
    Merci

    repondre message

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